Cameroun : Une mission de terrain révèle les difficultés de la GHM dans les camps de réfugiés

Date: 18th December 2017

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À l’occasion de la Journée internationale des migrants, les résultats partagés par le Programme Conjoint WSSCC/ONU Femmes sur le Genre, L’Hygiène et l’Assainissement des camps de réfugiés au Cameroun mettent en évidence les défis de la gestion de l’hygiène menstruelle (GHM) dans les situations humanitaires.

 Une mission sur le terrain dans des camps de réfugiés du Cameroun a offert des aperçus précieux sur les défis à relever dans le domaine de la gestion de l’hygiène menstruelle (GHM) dans des contextes humanitaires. La mission, entreprise dans le cadre du Programme conjoint, s’est concentrée sur trois camps de réfugiés séparés hébergeant quelque 38 000 hommes, femmes et enfants. Les résultats obtenus révèlent les difficultés auxquelles doivent faire face les femmes et les filles dans la gestion des menstruations et permettent d’émettre des recommandations spécifiques pour améliorer les installations sanitaires et d’hygiène dans les camps.

L’objet de la mission était d’identifier les besoins spécifiques des femmes et des filles et de mieux comprendre les perceptions sur la menstruation au sein de la communauté des réfugiés. Elle a étudié les besoins en matière d’information, les pratiques actuelles et l’élimination des déchets dans le contexte de l’approche fondée sur les trois piliers du Programme conjoint : briser le silence ; une gestion hygiénique des menstruations ; des solutions de réutilisation et d’élimination des produits d’hygiène menstruelle en toute sécurité. L’enquête préliminaire a évalué l’état des toilettes existantes dans les camps et a identifié les solutions permettant une gestion adéquate de l’hygiène menstruelle et une meilleure intégration de la GHM dans le contexte d’une intervention humanitaire. Les données collectées seront utilisées par les partenaires du Programme conjoint pour contribuer à la planification et accélérer la politique et les pratiques visant à soutenir l’équité et les droits humains à l’eau et à l’assainissement pour les femmes et les filles en Afrique de l’Ouest et du Centre.

La sécurité, une question essentielle pour les femmes et les filles dans les camps

La plupart des latrines dans les camps ne sont pas séparées par sexe et manquent de portes et de verrous assurant l’intimité. La nuit, il n’y a pas d’éclairage, ce qui aggrave encore davantage les risques pour leur sécurité. Il faut installer plus de toilettes et assurer un meilleur entretien

Il faut installer plus de toilettes et assurer un meilleur entretien

L’une des plus importantes contraintes affectant la gestion des menstruations est le nombre insuffisant de toilettes, auquel viennent s’ajouter des standards de propreté et d’entretien déplorables. Avec une latrine pour dix ménages, en moyenne, il y a souvent de longues files et de longs délais d’attente. En outre, les latrines sont mal entretenues et mal conçues, et manquent d’installations élémentaires nécessaires à une gestion sûre de l’hygiène menstruelle, telles que des cabinets privés, séparés de ceux des hommes, pouvant être verrouillés, de dimensions suffisantes pour se changer, de l’eau courante en quantité suffisante et fiable, du savon et une corde à linge pour faire sécher les serviettes hygiéniques réutilisables. Les installations conviennent encore moins aux femmes et filles handicapées. Les participants à l’enquête préliminaire ont recommandé de séparer les toilettes destinées aux hommes, aux femmes et aux enfants, d’augmenter le nombre des toilettes et de rénover les vieilles installations. Ils ont noté que la responsabilité du nettoyage des toilettes relève largement des mères, et que cette tâche devrait être partagée plus équitablement. Ils ont également suggéré la nécessité de construire des toilettes adaptées spécifiquement aux besoins des personnes handicapées, disposant d’eau courante et situées à proximité de leur habitation pour en faciliter l’accès.

Gestion des déchets menstruels : une question négligée

Les toilettes et douches du camp Timangolo au Cameroun.

On fait peu de cas de l’important sujet de la gestion des déchets menstruels ou des préoccupations d’ordre environnemental. Il n’y a pas d’approche systématique de l’élimination des déchets des matériels sanitaires dans les camps. Les matériels utilisés sont diversement traités : enterrés dans de petits trous, jetés dans les toilettes/ latrines et parfois dans une rivière, parfois incinérés ou placés dans des poubelles ordinaires, des fosses à ordures ou jetés au hasard dans la nature.

Les hommes et les femmes des camps pensent que l’absence de gestion appropriée des déchets a des conséquences potentiellement négatives pour leur santé, même s’il peut s’avérer difficile de séparer ces sentiments des mythes et tabous sous-jacents entourant la menstruation. Au cours de l’enquête préliminaire, la direction du camp a recommandé l’installation d’un système séparé de gestion des déchets pour l’élimination des matériels sanitaires utilisés.

Le camp Timangolo au Cameroun

La solution requiert la participation conjointe des femmes et des hommes

L’une des composantes clés de l’enquête était la participation à la fois des hommes et des femmes aux groupes de réflexion en reconnaissance des normes sociétales prépondérantes et de l’influence plus large des relations de genre dans la gestion de l’hygiène menstruelle. Dans les communautés de réfugiés principalement musulmanes et patriarcales, comme par exemple dans les camps du Cameroun, les hommes et les femmes ont des rôles distincts, et les tabous et mythes autour de la menstruation contribuent souvent à créer des obstacles supplémentaires à l’autonomisation des femmes. Les hommes représentaient 45 % du nombre total des personnes (presque 300) qui ont participé à l’étude, un chiffre qui dénote le rôle central qu’ils peuvent jouer pour mettre en œuvre les recommandations.

Au sein des groupes familiaux, et parallèlement à certains mythes et tabous entourant la menstruation, les hommes et les femmes ont reconnu débattre de la question dans l’environnement du foyer. Un homme occupant une fonction de décideur au sein de la communauté a fait part d’exemples concrets sur la manière dont la GHM pourrait être améliorée : « Des magasins vendant des produits sanitaires, davantage de robinets d’eau, davantage de toilettes séparées pour les femmes…des toilettes séparées pour les hommes et les femmes, des poubelles, disposer de produits de nettoyage dans les toilettes et renforcer les comités responsables de la gestion des toilettes. »

Les femmes ont exprimé leur souhait d’apprendre à fabriquer leurs propres serviettes hygiéniques, une opportunité qui, à leurs yeux, leur serait bénéfique à plus d’un titre : « Cela pourrait être une occasion d’économiser de l’argent et aussi d’avoir un revenu supplémentaire si nous pouvions les vendre. Cela nous aiderait à nous prendre en charge. Nous ne serions pas obligées de toujours attendre l’arrivée des fournitures au camp, et nous aurions l’assurance de les avoir lorsque nous en avons besoin. »

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