En conversation avec notre membre Daniel Iroegbu sur la gestion de l’hygiène menstruelle

Date: 27th May 2018

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Par Benedicta Arthur
Stagiaire, Service de la gouvernance et des adhésions du WSSCC

Le membre du WSSCC Daniel Iroegbu a compris qu’il avait découvert sa passion pour le domaine de l’eau, l’assainissement et l’hygiène (WASH) alors qu’il était à l’école primaire et qu’il a participé à un camping du Boy’s Bridge en milieu rural au Nigéria. Il fut frappé par les conditions sanitaires déplorables des femmes et des enfants. Depuis, Daniel a dispensé plusieurs formations en matière de gestion de l’hygiène menstruelle et le lavage des mains dans des écoles rurales, organisé des ateliers pour dissiper les stéréotypes culturels nocifs et les tabous qui entourent la menstruation, et publié des recherches sur la gestion de l’hygiène menstruelle. Son tout dernier engagement remonte à l’International WASH Futures Conference 2018 de Brisbane, en Australie, où WSSCC a sollicité Daniel afin qu’il partage quelques réflexions sur son expérience à la conférence et son travail.

  1. Merci de bien vouloir nous expliquer comment vous avez fondé la « Daniel Iroegbu Global Health Foundation » (Fondation mondiale de la santé Daniel Iroegbu). En tant que militant pour l’égalité des sexes, je suis au fait de l’impact que des informations inexactes, les idées fausses, les restrictions culturelles, les tabous et les pratiques néfastes ont sur la gestion de l’hygiène menstruelle. C’est pour cette raison que je savais qu’il en allait de ma responsabilité de mobiliser d’autres hommes afin de soutenir la gestion de l’hygiène menstruelle et défendre les droits en matière de santé sexuelle et procréative. Cette passion m’a mené à fonder l’organisation.
  2. Qu’est-ce qui vous a poussé à vous impliquer dans la gestion de l’hygiène menstruelle ? Au Nigéria, les règles sont un sujet très délicat dont on ne discute pas en public, car elles sont associées à l’impureté du sexe. Dans les communautés rurales, beaucoup de tabous traditionnels, religieux et culturels profondément ancrés, de restrictions et de pratiques néfastes entourent la menstruation. Ceci affecte négativement un grand nombre d’écolières et de femmes en milieu rural, car elles n’ont qu’un accès limité aux serviettes hygiéniques disponibles et à prix abordable pour gérer leurs menstruations. L’exemple qui me vient à l’esprit est celui de beaucoup de filles vulnérables en milieu rural qui cachent leurs tissus sanitaires réutilisables sous leur lit ou dans la maison afin qu’ils sèchent en raison de la honte associée à la menstruation. C’est ce qui m’a poussé à m’impliquer dans la gestion de l’hygiène menstruelle.
  3. À quels défis êtes-vous confronté en tant qu’homme travaillant sur des questions ayant trait aux femmes ? Il est difficile de parvenir à dissiper les conceptions patriarcales de longue date de la menstruation, tant chez les hommes que chez les femmes. La raison réside dans le fait qu’en matière de problématique hommes-femmes, la majorité des hommes ne ressentent pas l’effet de la discrimination fondée sur le sexe. Je reste toutefois optimiste, car j’ai reçu plus de soutien que de critiques dans mon travail, ce qui est le signe de l’évolution des perceptions de l’égalité et de la discrimination au Nigéria.
  4. Comment vous êtes-vous impliqué dans la WASH Futures Conference ? On m’a demandé de présenter l’un des articles que j’ai publiés sur la gestion de l’hygiène menstruelle intitulé : « Menstrual Hygiene Management in Nigeria: Strategy for Multi-Sectoral Collaboration » (Gestion de l’hygiène menstruelle au Nigeria : Stratégie pour une collaboration multisectorielle). J’aimerais remercier le ministère australien des Affaires étrangères et du Commerce (DFAT) de m’avoir parrainé en qualité de délégué à la conférence sur nomination du Haut-Commissariat pour l’Australie à Abuja, au Nigeria.
  5. Quel a été le point culminant de votre participation à la WASH Futures Conference ? Le point saillant de la WASH Futures Conference a été le thème de la collaboration en faveur d’une couverture WASH universelle, c’est-à-dire une couverture qui implique les femmes, les hommes, les personnes handicapées et les groupes vulnérables en vue d’accélérer et de promouvoir WASH en faisant montre d’équité et sans discrimination. Pendant la conférence, beaucoup de présentations et d’ateliers ont abordé ce thème, par exemple : L’Assainissement inclusif à l’échelle de toute la ville : la mise à échelle et ne laisser personne pour compte dans le domaine du traitement des boues fécales ; Comment la collaboration peut contribuer à la mise à échelle ; Les services d’assainissement résilients dans les villes du futur et la promotion de changements comportementaux par le biais d’une volonté politique véritable, et L’engagement et les approches communautaires à l’assainissement par le biais de campagnes d’information, d’éducation et de communication (IEC). J’ai également été en mesure d’apprendre d’autres professionnels du secteur WASH qui ont partagé des bonnes pratiques et des idées de collaboration.
  6. Quels enseignements importants avez-vous tirés de la conférence ? Premièrement, j’ai appris des choses au sujet des approches favorisant la collaboration dont se servent différents partenaires et organisations de mise en œuvre dans les initiatives et le financement WASH. Cela a été pertinent pour notre production de serviettes hygiéniques réutilisables que nous démarrons au Nigeria. Il a de même été intéressant d’en apprendre davantage sur la politique de fin à la défécation à l’air libre (FéDAL) efficace et efficiente du gouvernement indien, imputable à la volonté politique de ses dirigeants.
  7. Est-ce que la conférence a remis en question les perceptions du secteur WASH que vous aviez jusque-là ? La conférence a remis en question ma perception selon laquelle les femmes n’ont pas les connaissances nécessaires sur WASH pour participer à la prise de décisions concernant WASH et aux activités génératrices de revenus. Les programmes pilotes d’intervention présentés lors de la conférence ont montré le degré de fonctions importantes que remplissent les femmes au sein des programmes communautaires WASH et leur contribution à la gouvernance WASH de la communauté.
  8. Comment intégrerez-vous les enseignements que vous avez tirés de la conférence aux travaux de votre organisation à l’avenir ? J’espère pouvoir utiliser une approche multidisciplinaire permettant de répondre aux besoins des femmes et des enfants en matière d’hygiène menstruelle et de WASH. J’espère également améliorer l’approche fondée sur des données probantes afin de participer aux politiques, d’améliorer WASH au sein des communautés rurales, d’encadrer des collègues et de contribuer à améliorer le secteur WASH au Nigeria et dans des nations africaines similaires.

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