Ne laisser personne pour compte : L’assainissement n’est pas un tabou : les voix de jeunes filles au Sri Lanka

Date: 28th May 2018

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Remarque du rédacteur : Au cours du dernier mois, le Réseau d’action pour l’eau douce en Asie du Sud (FANSA), WaterAid et le WSSCC ont organisé des réunions de consultation à l’échelle nationale auprès des communautés marginalisées afin d’identifier les problèmes et les messages clés devant être exposés lors de la SACOSAN, la Conférence sud asiatique sur l’assainissement et l’hygiène qui se déroulera à Islamabad, au Pakistan, du 10 au 14 avril 2018. Ce blog offre un éclairage sur la consultation en Afghanistan.

 

Par Hemantha Withanage, Centre for Environmental Justice/FANSA Sri Lanka

Lankani est une jeune fille de 19 ans. Elle a abandonné l’école et vit dans une ville côtière du Sud. Elle et ses amies ne buvaient pas suffisamment d’eau lorsqu’elles allaient à l’école, tout particulièrement pendant leurs règles. Les toilettes de l’école n’étaient pas équipées pour les aider à gérer leur hygiène menstruelle, étant sales et ne disposant d’aucun espace privé pour se changer, d’aucune poubelle pour serviettes hygiéniques et n’ayant pas de distributeur de serviettes en cas de début de règles imprévu. Lankani n’est pas la seule dans ce cas. Beaucoup d’élèves de son âge sont confrontées au même problème. Les agences pour l’éducation sont encore à la traîne pour ce qui est de la mise à disposition de toilettes adaptées aux adolescentes dans le système scolaire.

Mahesvaree, qui vit dans une plantation de thé à Maolsima dans les collines du centre du Sri Lanka, est une mère et femme de 46 ans. Elle n’a pas de toilettes dans le champ où elle travaille à récolter les feuilles de thé. La famille et la communauté de Mahesvaree vivent dans cette région froide et montagneuse du Sri Lanka depuis six générations, depuis que les colons britanniques les ont emmenées dans ces plantations. Elle pense que les problèmes auxquels sa grand-mère était confrontée seront également ceux de sa petite-fille, déclarant que « les générations ont changé, mais pas les installations présentes dans ces champs de thé, et personne n’est là pour se pencher sur ces questions ».

Ces histoires ont été relatées pendant la consultation nationale qui s’est tenue le 27 mars 2018 à Colombo, en préparation de la conférence SACOSAN VII. La rencontre a été organisée par le Centre for Environmental Justice avec l’appui du Conseil de concertation pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement (WSSCC), WaterAid et le Réseau d’action pour l’eau douce en Asie du Sud (FANSA). Les organismes publics, notamment le National Water Supply and Drainage Board, et plusieurs organisations de la société civile y ont assisté.

Le Sri Lanka compte environ un million d’adolescentes. Beaucoup d’entre elles fréquentent des écoles de province dans lesquelles des toilettes propres font défaut. Malgré les initiatives publiques, sur 9 000 établissements scolaires, quelque 1 300 écoles n’ont toujours pas de toilettes alors que beaucoup d’autres ne disposent pas de poubelles pour les serviettes hygiéniques. Les toilettes sales dans les écoles, associées à l’absence de dispositifs pour les serviettes hygiéniques ont une incidence sur la présence des filles, qui manquent l’école les jours où elles ont leurs règles. Elles rentrent chez elles sans se changer. Elles n’arrivent pas à bien se concentrer sur leurs études pendant leurs règles.

Le Sri Lanka est considéré comme deuxième pays au monde enregistrant le taux d’alphabétisme le plus élevé. Toutefois, dans ce pays, l’hygiène menstruelle continue à être perçue comme un tabou social, et toute discussion ouverte à ce sujet est considérée inacceptable sur le plan culturel. Même les enseignants trouvent difficile d’enseigner l’hygiène menstruelle et la santé reproductive aux étudiants, tout particulièrement dans les écoles mixtes. « Certaines adolescentes pensent que les règles sont une maladie et cherchent à obtenir des conseils auprès d’un médecin », explique Florida.

Cette histoire ne diffère pas beaucoup de celle qu’on entend dans les zones urbaines mal desservies. Pendant la réunion de consultation, les participantes ont révélé que le manque de toilettes dans certaines communautés urbaines et zones industrielles telles que Katunayake entraîne de longues queues devant les toilettes le matin. « Il n’y a aucune sécurité et pas d’espace privé quand on va dans ces toilettes. Parfois, il n’y a pas d’eau dans les toilettes », renchérit Renuka, une jeune ouvrière. D’après le ministère de l’Approvisionnement en eau et du Développement urbain, il faut construire 180 000 toilettes à travers le pays.

Le manque d’installations sanitaires propres dans les espaces publics affecte les femmes et les jeunes filles davantage que les hommes à travers le pays, tout particulièrement les pauvres qui ne peuvent se permettre financièrement d’aller dans des restaurants et d’autres endroits coûteux en l’absence de toilettes publiques. Le manque de réservoirs propres et d’eau suffisante pour se laver dans les toilettes publiques vient aggraver le problème. Les conteneurs pour se débarrasser des serviettes hygiéniques font souvent défaut dans les toilettes.

D’après les objectifs de développement durable, l’accès à un assainissement sûr devrait être atteint d’ici 2030. Le manque de coordination entre les agences sanitaires et l’inadéquation du financement représentent des obstacles majeurs à la réalisation de cette tâche. Cependant, il est impératif de briser le tabou sur l’assainissement au Sri Lanka si l’on veut parvenir à remplir cet objectif. Lankani se rendra à Islamabad dans l’espoir d’attirer l’attention des ministres, des bureaucrates et des universitaires qui assisteront à la conférence sur cette question et de garantir une amélioration des services d’assainissement pour elles !

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