Corriger les inégalités de genre dans le secteur WASH au moyen d’initiatives innovantes : lumière sur les récipiendaires du prix de l’innovation des membres du WSSCC

Date: 30th August 2018

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En mai 2018, le Conseil de concertation pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement (WSSCC) a adressé à ses membres un appel à propositions les invitant à présenter une innovation qu’ils auraient conçue pour réduire les inégalités entre les sexes dans le secteur de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène (WASH). Les gagnants devaient être parrainés par le WSSCC pour participer à la Conférence régionale sur la réduction des inégalités de genre dans le secteur WASH, un événement organisé à Dakar (Sénégal) par le WSSCC et l’entité des Nations unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU Femmes). Sur plus de 30 propositions reçues, le prix de l’innovation des membres en 2018 a été remis à trois membres : Imad Agi de l’entreprise suédoise ECOLOO, Olivia Boum de l’association camerounaise KMERPAD et Leisa Hirtz de l’organisation canadienne Women’s Global Health Innovations. Un espace d’exposition leur a été réservé pour présenter leurs innovations avant la cérémonie de clôture de la conférence. Chaque membre a pu décrire son innovation en détail et répondre aux questions des experts techniques et représentants des pays, notamment le premier conseiller technique du ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement au Sénégal.

Interviews des trois gagnants.

En créant ces innovations, les trois lauréats cherchaient tous à apporter un changement positif dans la vie des femmes et des filles. Imad Agi dirige l’entreprise produisant ECOLOO, des toilettes biologiques et durables qui utilisent une formule bactériologique spécialement conçue pour transformer les déjections humaines en engrais naturel. Quelques années auparavant, il avait été bouleversé par un documentaire traitant du sort peu enviable de certaines Indiennes pratiquant la défécation à l’air libre et ramassant les excréments à main nue pour seulement quelques roupies par jour. « Ces femmes défavorisées avaient une vie courte et épouvantable. C’est en pensant à elles que nous avons conçu, mis au point et fait évoluer cette technologie sanitaire qui nous passionne », a expliqué M. Agi.

De façon similaire, Leisa Hirtz, fondatrice et directrice exécutive de la société Women’s Global Health Innovations, souhaitait créer un dispositif pour permettre aux adolescentes, particulièrement celles privées d’un accès à l’eau propre, de gérer discrètement et dignement leurs menstruations. « J’ai eu envie d’innover en mettant au point une coupe menstruelle antibactérienne qui serait facile à utiliser, nettoyer et conserver pour les jeunes filles, tout en restant abordable et respectueuse de l’environnement », a-t-elle expliqué au sujet de son innovation, la coupe menstruelle Bfree.

De son côté, Olivia Boum de l’association KMERPAD a décidé d’adopter une approche non traditionnelle, mais créative, pour éduquer les garçons et les filles sur les menstruations. Elle s’est rendu compte que la question des règles restait taboue dans son pays d’origine, le Cameroun. « Devant cette attitude inacceptable, j’ai décidé d’agir. Après avoir constaté que nous ne pouvions pas éduquer les filles et les garçons à l’aide des moyens de communication traditionnels, nous avons choisi de dispenser l’éducation sur les menstruations sous un format numérique, en utilisant Facebook et les groupes WhatsApp afin d’atteindre les jeunes laissés pour compte » a-t-elle raconté.

Bien que chaque innovation ait finalement vu le jour, le parcours de leurs inventeurs a été parsemé d’embûches. Les principales difficultés rencontrées tenaient au manque de ressources financières et d’intérêt à l’égard de ces initiatives. D’après Leisa Hirtz, « peu de fonds sont destinés aux initiatives sociales menées par des femmes. De plus, même en respectant des normes de qualité très strictes, il est très difficile d’obtenir le soutien des pays à l’égard des coupes menstruelles. Les procédures officielles d’autorisation des importations en sont encore au stade du développement ». Exprimant un avis similaire, Imad Agi a ajouté que le prix des solutions durables limitait leur attractivité. Il a aussi expliqué que son innovation était systématiquement comparée à d’autres solutions non respectueuses de l’environnement telles que les latrines à fosse et les toilettes à chasse d’eau. De même, Olivia Boum a réalisé que le manque de capitaux financiers ne permettrait pas à son équipe d’aider toutes les femmes et filles du Cameroun.

En fin de compte, les trois lauréats ont obtenu un soutien pour mettre en œuvre leur innovation, mais tous s’accordent à dire que le renforcement de leur visibilité ainsi que leurs échanges et leur collaboration avec les principaux acteurs internationaux œuvrant en faveur des objectifs de développement durable – comme dans le cadre de la conférence régionale – ont été utiles pour élargir la portée de leurs innovations respectives.

Pour les récipiendaires du prix de l’innovation des membres du WSSCC, le travail n’est toutefois pas terminé. Après avoir participé à la conférence, Olivia Boum a déclaré : « les participants nous ont tous donné envie d’en faire plus. Nous souhaitons désormais étendre notre programme numérique sur la gestion de l’hygiène menstruelle au Cameroun et en Afrique et nous cherchons des possibilités de financement pour la nouvelle édition. » De même, lorsqu’il lui a été demandé ce qu’il avait appris lors de la conférence, Imad Agi a expliqué : « j’y ai découvert de nombreuses choses, notamment sur des questions dont je n’avais jamais entendu parler, comme la gestion de l’hygiène menstruelle. » À l’avenir, lui et son équipe prévoient d’adapter leur technologie pour prendre en compte les difficultés de certains pays africains dont il a été question lors de la conférence.

La conférence a aussi permis à Leisa Hirtz de comprendre que même si les femmes du monde entier sont déterminées à chercher des solutions pour leur santé personnelle, il existe des écarts entre les études menées dans les pays anglophones et les pays francophones de l’Afrique subsaharienne. Au sujet de l’avenir, elle a déclaré : « nous voulons continuer d’innover, de travailler dur et de conclure des partenariats pour proposer une éducation et un produit à un prix abordable pour les personnes qui en ont le plus besoin. Nous travaillons aussi sur la conception de notre deuxième produit, le Bfree duo qui associe une coupe menstruelle et une cape cervicale contraceptive. »

 

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