Les membres du WSSCC partagent des solutions pour lutter contre les inégalités dans WASH

Date: 31st August 2018

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Cette année, le Conseil de concertation pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement (WSSCC) a proposé à ses membres de participer à un concours afin d’illustrer leur travail. Les membres du WSSCC comprennent des personnes et des organisations d’horizons très divers qui cherchent à promouvoir les questions relatives au secteur de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène (WASH) à l’échelle locale, nationale et mondiale. Les gagnants du prix de l’innovation des membres du WSSCC ont été parrainés pour participer à la Conférence régionale sur la réduction des inégalités de genre dans le secteur WASH, un événement organisé à Dakar (Sénégal) par le WSSCC et l’entité des Nations unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU Femmes). Pour prétendre au prix de l’innovation des membres du WSSCC, les participants devaient rédiger une page présentant une initiative de leur cru, en expliquant son caractère innovant et son rapport avec le thème de la conférence régionale. Plus de 30 propositions ont été reçues et trois lauréats sélectionnés.

Bien que non récompensés, les autres travaux contenaient un ensemble vaste et riche de solutions aux problèmes d’inégalité. Les approches flexibles, telles que le plaidoyer communautaire, alternaient avec des solutions plus directes spécialement pensées pour combattre ces problèmes chez les plus vulnérables. Dans le cas des initiatives axées sur le plaidoyer, telles que celles plébiscitées par des membres comme Bienvenu Mihigo, Chabbi Goudel et Nathalie Kenmonge, la stratégie consistait à inciter les pouvoirs publics et les parties prenantes du secteur WASH à modifier les politiques pour qu’elles tiennent compte des aspects WASH touchant les femmes, comme la gestion de l’hygiène menstruelle (GHM). Ces actions de plaidoyer ont notamment permis d’inclure l’égalité des sexes en rapport avec le secteur WASH dans un budget national, d’améliorer la GHM dans les prisons pour femmes et de sensibiliser les autorités et communautés locales sur les bonnes pratiques de GHM.

Certains membres ont choisi de décrire des innovations inspirées des pratiques et infrastructures WASH déjà en place. Par exemple, Charif N’Dine, Evariste Tchigossou, William Masore et Djagbe Theophile ont proposé de construire dans leurs communautés respectives des latrines universelles adaptées aux personnes handicapées et aux femmes. Dianna Marini a estimé que les fabricants de toilettes devaient répondre adéquatement aux besoins des femmes en les impliquant activement dans leur conception. Manjit Gill et Eva Buhia cherchent à concevoir des solutions durables afin de faciliter la GHM pour les femmes et les filles. À ce titre, ils proposent respectivement des sous-vêtements réutilisables adaptés aux menstruations et des incinérateurs fonctionnant sans biocombustible à installer dans les écoles. D’autres membres ont axé leurs efforts sur l’amélioration de la qualité de l’approvisionnement en eau dans les communautés. Par exemple, au Bénin, Bridgette Gado a proposé que de nouveaux puits soient creusés plus près du village pour aider les femmes peules de la communauté de Kalale à assumer la corvée d’eau. De même, dans le nord du Ghana, Yussif Abdul-Rahman a profité d’une initiative en faveur de l’égalité salariale entre les sexes pour proposer à des femmes d’entreprendre dans le commerce de filtres d’eau, ce qui leur permet de mieux participer à la prise de décision au sein de leur ménage tout en dotant celui-ci d’un accès à une eau propre. Un autre membre, Jonas Habimana, s’implique dans des programmes et projets du secteur WASH pour combattre le choléra et d’autres maladies transmises par l’eau dans les communautés.

Bon nombre des solutions décrites s’appuyaient également sur l’action communautaire, dans l’idée que le changement en matière WASH doit provenir des membres de la communauté eux-mêmes. Par exemple, Dorcas Ngoyem et Kora Baro ont estimé qu’il fallait faire évoluer les normes culturelles et communautaires en ayant recours à des pratiques d’assainissement total piloté par la communauté, une approche qui a permis à une communauté d’obtenir le statut de fin de la défécation à l’air libre, et favorisé l’adoption de pratiques qui répondent aux besoins sanitaires des femmes. Pour élever les femmes au rang des décideurs dans leurs communautés respectives, Amanda Jane, Felicity Jia, Joe Asila, Megha Phansalkar et Tito Mwambala ont soutenu la conception d’installations adaptées aux femmes, donné aux hommes et aux garçons la possibilité de chercher des solutions pour les femmes, organisé des rencontres entre les femmes et les membres de la communauté et les prestataires de services sanitaires afin de recenser les obstacles auxquels elles sont confrontées dans le secteur WASH, et fondé un groupe de microfinance dont les membres, uniquement féminins, se réunissent chaque semaine pour trouver des solutions aux problèmes sanitaires. Par ailleurs, Reuben Ibaishwa et Ganesh Garida ont tiré profit de séances de formation communautaire et d’approches générationnelles pour améliorer la situation sanitaire dans les communautés.

D’autre part, deux propositions ont mis en avant la nécessité de réformer le secteur WASH, particulièrement sur le plan de la gouvernance. Abby Mhene et Daniel Iroegbu ont ainsi suggéré d’impliquer les femmes dans les organisations de la société civile et d’éliminer les politiques WASH peu efficaces afin de renforcer et de réformer la gouvernance du secteur WASH.

Outre ces approches, l’éducation et la recherche revenaient aussi parmi les propositions innovantes. Reuben Ibaishwa, Mayuri Pednekar et Sulochana Pednekar ont ainsi proposé d’organiser des ateliers dans les écoles et les communautés en vue de promouvoir l’égalité des sexes et d’éduquer les filles sur la GHM, parfois jusque dans les zones sinistrées. D’autres membres, comme Regis Mtutu et Apolot Mary, ont estimé quant à eux que les études sur le secteur WASH jouent un rôle clé pour éclairer les programmes de l’organisation qui insufflent un changement à l’échelle locale. Les innovations présentées par Jimmy Mujini et Zahid Hossain consistaient respectivement à observer la situation du secteur WASH – particulièrement aux côtés des femmes et des enfants – sous l’angle de l’égalité des sexes, et à s’appuyer sur le récit pour parler du secteur WASH dans les écoles.

Le WSSCC tient à remercier tous les membres qui ont participé au concours en soumettant leurs propositions. Les membres qui n’ont pas transmis de proposition, mais qui souhaitent présenter leur travail aux autres membres du WSSCC peuvent le publier sur l’espace de discussion de la page de la Communauté des membres ou contacter les autres membres par le biais de la messagerie disponible sur la page du répertoire des membres.

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