Madagascar veut inclure ceux laissés de côté dans l’élimination de la défécation à l’air libre

Date: 16th October 2019

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Par Joséa Ratsirarson

Dans un village, pour éliminer la défécation à l’air libre, chacun doit apporter sa contribution. C’est ce dont est convaincue une agence d’exécution de Madagascar soutenue par le WSSCC chargée de mettre en place le programme d’élimination de la défécation à l’air libre dans le pays.

Le Fonds d’Appui pour l’Assainissement (FAA), l’organisme chargé de l’exécution du programme, est basé à Antananarivo. À l’œuvre depuis 2017, il intègre les concepts fondamentaux d’égalité et de non-discrimination aux projets d’assainissement total piloté par la communauté (ATPC). L’ATPC constitue une approche participative permettant à une communauté entière d’éliminer la défécation à l’air libre durablement sous ses propres conditions.

Par exemple, dans le cadre d’un ATPC, lorsque les facilitateurs organisent un « déclenchement », c.-à-d. un processus de prise de conscience au sein des communautés du fait qu’en raison de la défécation à l’air libre, les habitants ingèrent des matières fécales les uns des autres, les populations vulnérables sont toujours prises en compte.

« Surtout lorsque nous effectuons des activités de cartographie avec les villageois, nous nous assurons que les laissés de côté sont clairement identifiés sur les schémas afin que les programmes pour l’assainissement et l’hygiène répondent aux besoins de tous », affirme ainsi la Dre Joelina Ratefinjanahary, coordinatrice des ATPC au sein du Fonds d’Appui pour l’Assainissement.

Activité de cartographie : les populations vulnérables sont marquées en rouge (cercles rouges), les foyers des personnes manquantes lors de l’activité de déclenchement en bleu (photo : Dr Joséa/FAA)

 

Les facilitateurs posent également plusieurs questions afin de rendre plus concrets les problèmes rencontrés par les populations marginalisées. « Quelles sont vos réflexions au sujet de ces personnes vulnérables que vous avez mentionnées par rapport aux actions que vous avez décidées ? » « Ces populations peuvent-elles également accomplir ces actions ? » Ce type de questions pousse les communautés à réfléchir à d’autres plans d’action afin de répondre aux besoins de toutes les populations en matière d’assainissement.

De plus, les partenaires de mise en œuvre conservent les données sur les populations vulnérables qui sont ensuite ajoutées aux systèmes d’information permettant de suivre les avancées à la suite des décisions prises et des actions mises en place.

« Bien souvent, la présence de populations vulnérables est une honte pour la famille ou la communauté », indique la Dre Ratefinjanahary, démontrant l’importance des activités visant à bâtir une confiance durable, ce qui permet ensuite d’identifier les populations potentiellement désavantagées et d’en discuter.

« En un sens, l’identification des populations vulnérables est une forme de discrimination en soi. Mais une fois que nous avons posé nos questions dans le respect et que la présence de populations vulnérables est validée par la communauté, en parler n’est plus un problème », poursuit la Dre Ratefinjanahary.

Sur l’impact d’une approche basée sur l’égalité et la non-discrimination, la Dre Ratefinjanahary affirme que la reconnaissance et la prise en compte des populations vulnérables permettent non seulement de répondre correctement à leurs besoins en assainissement, mais aussi d’éliminer durablement la défécation à l’air libre dans un village, rendant cette approche essentielle pour un changement efficace.

Solo à l’extrême droite, en avant-plan (photo : Dr Joséa/FAA)

En novembre 2018, l’un des partenaires de mise en œuvre du WSSCC a lancé une activité de déclenchement dans le village de Talata Ampano en portant une attention spéciale aux populations vulnérables.

Solo, handicapé des membres inférieurs, a participé à cette activité de déclenchement. Peu de temps après, il a construit ses propres latrines. Il jouit maintenant d’une place importante au sein du village et est le référent en matière d’assainissement et d’hygiène.

« Je suis surpris par le fait que je participe maintenant aux activités du comité d’assainissement de notre village et que les villageois écoutent mes conseils en la matière, ce qui était impensable il y a cinq ans », s’est félicité M. Solo.

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Adrienne Rabemanantsoa, Bakoarintsoa Randimbison, Aimé Randriamanalina, Rija Fanomeza et Jeremia Rakotozafy ont contribué à la rédaction de cet article.

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