Tirer le meilleur profit de la puissance des données et des éléments factuels

Date: 26th November 2019

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Les partenaires du WSSCC se sont réunis pour discuter des questions les plus récentes en matière d’assainissement au Togo

Par Atakouna Essowaza

Participants at the WSSCC Regional workshop in Togo

LOMÉ, Togo – Les partenaires du secteur de l’assainissement membres du WSSCC de différents pays francophones africains sélectionnés se sont réunis dans la capitale togolaise, Lomé, pour discuter de la manière d’intégrer les problèmes émergents dans la planification de chacun des pays qu’ils représentent et d’optimiser l’utilisation des données et des éléments factuels les plus récents pour accroître la responsabilisation et renforcer les systèmes autour de l’assainissement et de l’hygiène.

Représentant quatre pays francophones (Bénin, Madagascar, Niger et Togo), 30 participants ont pris part à la session de quatre jours qui s’est tenue du 24 au 27 septembre 2019. Parmi les participants figuraient les coordonnateurs nationaux du WSSCC, les agences d’exécution soutenues par son Fonds mondial pour l’assainissement et les partenaires gouvernementaux.

Le concept « Ne laisser personne de côté » ainsi qu’une approche appelée « Égalité et Non-discrimination » ont été au cœur du travail de l’atelier, organisé par le WSSCC en collaboration avec le partenariat Sanitation and Water for All (SWA), et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et avec le soutien du bureau UNICEF à Lomé.

M. Amidou Sani, Chef division de l’assainissement de base, Coordonnateur national du WSSCC au Togo

Dans leurs interventions décrivant la façon de tirer parti de cette approche et de ce concept tous deux essentiels ; différents intervenants ont souligné la nécessité pour les pays d’accélérer la mise en œuvre de mesures de lutte contre l’exclusion, la stigmatisation et les tabous qui sapent les efforts en matière d’hygiène et d’assainissement.

« Le droit humain à l’assainissement donne à chacun le droit d’avoir un accès physique et abordable à l’assainissement, dans toutes les sphères de la vie, de manière sûre, hygiénique, sûre et socialement et culturellement acceptable, qui garantit la confidentialité et préserve la dignité » a déclaré Anthony Dedouche, analyste des politiques mondiales et de l’innovation au WSSCC, lors de la séance inaugurale de cet atelier.

Mme Sophie Boisson, de l’OMS, a souligné les inégalités dans les domaines de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène au sein des ménages entre 2000 et 2017.

« Depuis 2000, 38 pays ont élargi leur couverture des services élémentaires d’approvisionnement en eau et réduit l’écart entre le quintile le plus riche et le quintile le plus pauvre des zones rurales. Ce qui suppose que des efforts ont été faits. Mais au plan mondial, de fortes inégalités subsistent pour atteindre les cibles universelles » a-t-elle déclaré.

Un grand nombre des exposés ont également porté sur la manière d’utiliser les récents rapports publiés par l’OMS et l’UNICEF aux niveaux national et local, mais également comment mieux contribuer aux enquêtes et autres collectes de données afin de mieux identifier les populations vulnérables et laissées pour compte.

Mme Sophie Boisson est intervenue sur les Analyses et évaluations mondiales sur l’assainissement et l’eau potable (GLAAS). Le rapport publié en août fournit aux décideurs politiques à tous les niveaux une analyse fiable, facilement accessible, complète et globale des investissements nécessaires pour prendre des décisions éclairées en matière d’assainissement et d’hygiène.

« L’une des conclusions que j’ai retenues du rapport GLAAS c’est qu’après le rapport, il est recommandé aux pays de continuer, c’est-à-dire bien analyser les données de ce rapport pour comprendre la situation des inégalités afin de prendre des mesures pour ‘ne laisser personne de côté’ », a déclaré M. Labo Madougou du ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement du Niger.

L’atelier a également discuté du rapport du Programme commun de suivi de l’approvisionnement en eau, de l’assainissement et d’hygiène (JMP) de l’UNICEF et de l’OMS, du cadre du Mécanisme de responsabilité mutuelle du partenariat SWA et de TrackFin (Suivi du financement de WASH), qui visent à fournir aux partenaires des outils pour responsabiliser et renforcer leurs actions sur le terrain.

M. Felix Adegnika du Bénin

M. Félix Adégnika, Coordinateur national du WSSCC au Bénin, a déclaré qu’il fallait « attirer l’attention des dirigeants sur la nécessité pour chaque citoyen de disposer d’un minimum d’équipements et d’infrastructures d’assainissement. Pour y arriver, il faut que les pays se dotent de stratégies nationales pour adresser les questions d’exclusion en matière d’hygiène et d’assainissement. »

« Si nous voulons éliminer les maladies, nous devons disposer d’ouvrages d’assainissement adéquats, nous devons avoir des matériels de transport adéquats et veiller à ce que le traitement des déchets issus des ménages soit adéquat », a déclaré M. Sani Amidou, Chef Division Hygiène et Assainissement au Togo. « Nous devons par conséquent nous mobiliser à utiliser les outils GLASS et JMP pour améliorer la collecte des informations et la mobilisation des financements si nous espérons réaliser nos objectifs à l’horizon 2030. »

L’atelier a été ouvert par Mme Akakpo Midamégbé, Directrice du cabinet du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique du Togo, aux côtés de M. Boukhary Isselmou, Représentant résident de l’UNICEF au Togo, M. Diallo Binta, Représentant résident de l’OMS au Togo et M. Adjama Affo Boni, Chef de cabinet du ministère de la Santé.

« Au Togo, selon le rapport 2017 du JMP, 11 % des ménages utilisent des installations d’assainissement améliorées. La couverture des ménages n’est que de 4 % dans les zones rurales, contre 14 % dans les zones semi-urbaines et urbaines. La défécation à l’air libre reste une préoccupation majeure, avec 75 % en milieu rural et 15 % en milieu urbain. Cela a évidemment un impact négatif sur la santé de la population et en particulier celle des enfants », a déclaré Mme Midamégbé.

Carolien Van der Voorden, responsable de l’unité Support technique du WSSCC, a reconnu qu’il existe aujourd’hui dans les différents pays une quantité importante de données sur l’accès à l’hygiène et à l’assainissement par les personnes les plus vulnérables. « Il reste à pouvoir exploiter ces données pour mieux gérer les réponses afin d’assurer un accès universel à l’hygiène et à l’assainissement. »

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