Les fortes précipitations qui balaient l’Afrique orientale imputées à un océan Indien exceptionnellement chaud

Date: 8th March 2020

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d’Aidani Tarimo et Charles Dickson

Si les pluies salutaires sont indéniablement appréciées en Afrique, elles peuvent également constituer une menace. Les inondations provoquées par des précipitations exceptionnellement abondantes ces derniers mois en Tanzanie ont obligé des milliers de personnes à fuir de leur maison pour se réfugier sur les hauteurs, laissant derrière elles un sillage de mort et de destruction.

Parmi les défis qui se posent aux victimes des inondations, il faut mentionner la disparition des installations sanitaires. Construites dans les villages des zones rurales du pays, ces latrines étaient le symbole du succès des initiatives de lutte contre la défécation en plein air et d’amélioration de l’assainissement et de la santé humaine.

La disparition de ces toilettes et la dissémination des déjections humaines par les eaux pluviales constituent un véritable recul dans de nombreuses régions du pays, notamment celle de Dodoma. Comme Aidani Tarimo le raconte dans les trois chroniques suivantes, la saison des pluies est le théâtre d’un combat pour la survie, en particulier pour les plus défavorisés, mais dans le désespoir se cache aussi l’espoir.

Le découragement face à la pluie

« Nos maisons et nos toilettes sont englouties chaque saison humide », raconte Andrew Matunda, « mais cette fois, nous avons été durement touchés ». M. Matunda est à la tête d’un regroupement de 102 foyers dont 32 avaient perdu leurs toilettes à fin janvier, un coup dur pour le système de santé communautaire.

Les risques encourus par les enfants suite à une exposition à des matières fécales le préoccupent tout particulièrement. Lui-même père de 3 enfants, il comprend l’importance de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène pour leur bien-être, ainsi que leur vulnérabilité particulière en cas de défécation en plein air.

L’Organisation mondiale de la Santé estime qu’environ deux millions de morts sont, chaque année, imputables aux maladies diarrhéiques d’origine hydrique dont la grande majorité des victimes sont des enfants. Ces maladies causées par des eaux insalubres et un assainissement insuffisant sont en grande partie évitables.

En tant que leader d’un regroupement de foyers, M. Matunda fait le lien entre les agents de santé communautaire et un spécialiste de l’hygiène du milieu afin de renforcer les pratiques d’assainissement et d’hygiène tout au long de l’année, et surtout pendant la saison des pluies.

« Nous avons des règlements ici », explique-t-il. « Nous inspectons les foyers pour recenser les types de toilettes installées. Nous encourageons les habitants à améliorer les toilettes existantes. Ceux qui n’en ont pas reçoivent une amende. »

En cas d’engorgement des toilettes, certains habitants ont l’idée d’utiliser les toilettes de leurs voisins, tandis que d’autres reprennent la vieille habitude d’aller déféquer dans les champs. Et en même temps, des interventions sont menées pour dissuader les pratiques de défécation en plein air et pour encourager le recours à des toilettes plus robustes.

Parmi ces initiatives, on peut citer le Programme d’assainissement et d’hygiène en Tanzanie, « Usafi wa Mazingira Tanzania » (UMATA) et la Campagne nationale d’assainissement. Le travail accompli dans la région a permis de promouvoir un changement comportemental et l’adoption de pratiques favorables à l’assainissement et à l’hygiène.

Le programme vise actuellement à améliorer l’assainissement total piloté par la collectivité (ATPC) qui n’est pas subventionné, et dont l’objectif est de permettre aux locaux de construire des toilettes plus perfectionnées et robustes, capables de résister à la saison humide.

Une approche éducative des latrines

L’école primaire de Lusangi, dans le district de Kondoa, dans la région de Dodoma, compte 304 élèves, avec 158 filles et 146 garçons.

L’école a adopté les pratiques d’assainissement et d’hygiène contenues dans les Directives nationales pour l’eau, l’assainissement et l’hygiène en milieu scolaire édictées par la Tanzanie. Avec le concours des parents et du conseil du village, l’école s’est engagée à construire des latrines à fosse simple dans les proportions suivantes : 1 pour 40 filles, et 1 pour 50 garçons.

De nouvelles latrines avec 14 fosses simples ont été construites, ainsi qu’une cabine permettant aux filles de se changer pendant leurs menstruations. De nombreux élèves, les parents et l’ensemble de la communauté gardent ainsi l’espoir de pouvoir gravir les échelons de l’échelle de l’assainissement. Cela crée également des conditions plus propices à l’apprentissage.

Mais comme le rappelle le célèbre dicton kiswahili : Mambo mazuri kamwe si ya mwisho, les bonnes choses ne durent jamais. Tel a été le cas pour un projet de latrines envisagé comme un catalyseur d’amélioration de l’environnement éducatif. Puis les pluies sont arrivées, les murs sont tombés et la fosse s’est écroulée.

Le délabrement des latrines compromet les efforts réalisés pour assurer la présence des filles pendant leurs menstruations. « J’ai peur que certaines d’entre nous ne commencent à rater l’école à cause de leurs règles », explique une élève de standard 7 (ndlt : dernière année du primaire) de 14 ans.

Pour éviter que les élèves n’aillent faire leurs besoins dans la nature, 3 latrines à fosse simple ont été immédiatement construites, à titre temporaire : deux pour les filles et une pour les garçons. Les efforts visant à adopter une solution plus permanente ont été contrariés par une saison humide prolongée.

Rahim, un élève de 11 ans en standard 4 raconte : « Nous devons maintenant faire la queue quand nous voulons faire nos besoins. Même si c’est difficile de se retenir longtemps, je ne peux pas prendre le risque d’aller dans les champs et les buissons. »

Rahim espère devenir ingénieur électricien. « Si je souffre de diarrhée ou si j’attrape la typhoïde, ajoute-t-il, je ne pourrai pas travailler dur ou me concentrer sur mes études. Je veux rester en bonne santé pour concrétiser mes rêves. »

Dans le district de Kondoa, comme ailleurs dans la région de Dodoma, la Campagne nationale d’assainissement ainsi que le programme UMATA préconisent l’assainissement total piloté par la collectivité (ATPC). Le processus a plusieurs fois été déclenché, en y impliquant des leaders gouvernementaux locaux et des communautés. De plus, grâce aux clubs scolaires SWASH (programmes éducatifs relatifs à l’approvisionnement en eau, l’assainissement et l’hygiène en milieu scolaire), les élèves sont mobilisés et sensibilisés à l’importance de respecter les pratiques en matière d’assainissement et d’hygiène.

La volonté de poursuivre les efforts

La vie était belle pour Rehema, 51 ans, qui passait des vacances agréables et sans souci avec ses enfants à Arusha. Mais tout a basculé à son retour dans sa ferme de Masange, également située dans le district de Kondoa, lorsqu’elle a découvert que ses toilettes avaient disparu.

« Je me suis sentie mal en retrouvant mes toilettes détruites », raconte-t-elle.

« Vous voyez ça ? C’était bien, on pouvait verser de l’eau et tirer la chasse… elles avaient tout des toilettes améliorées : une porte, un toit et un sol lavable. »

Les communautés du village de Masange encouragent la modernisation des toilettes traditionnelles ; certaines optent même pour des toilettes ventilées et à chasse d’eau.

Rehema affirme que pendant ces trois dernières années, ses toilettes ont résisté toutes les saisons humides. Mais la chance a tourné cette fois-ci. Pourtant, une détermination féroce brille dans ses yeux, son courage reste inébranlable, et sa volonté de ne pas abandonner se manifeste dans ses actions.

Sans perdre de temps, Rehema a commencé par enlever les mauvaises herbes à l’endroit où elle prévoit de construire ses nouvelles toilettes. Elle s’est mise en rapport avec le Responsable du village pour demander que quelques jeunes viennent l’aider à construire la nouvelle installation. Elle a également contacté ses enfants pour leur demander d’envoyer de l’argent afin qu’elle puisse acheter le matériel nécessaire.

« Tout le quartier a accepté d’aider les personnes âgées et handicapées à construire des toilettes », explique le Responsable du quartier, Isaka Lubuva. « Certains d’entre eux ne sont pas en mesure de creuser une fosse ou d’installer des séparations. Nous encourageons les amis et la famille proche à les aider. Et pour ceux qui n’ont pas de famille à proximité, nous mobilisons notre groupe de jeunes pour les aider. »

Grâce au programme UMATA qui complète la Campagne nationale d’assainissement, les communautés du village de Masange ont pu mettre en place le programme d’assainissement total piloté par la collectivité (ATPC), qui est non subventionné. Ce programme a simplifié les mécanismes de coordination institutionnelle, qui visent à stimuler la prise de responsabilité des leaders de gouvernements locaux et à leur permettre d’apporter des améliorations réelles et durables.

En attendant que ses nouvelles toilettes soient terminées, Rehema et ses deux petits-enfants utilisent les toilettes de ses voisins. Cela ne lui plaît pas, mais c’est la meilleure solution compte tenu des circonstances, et la seule qu’elle soit prête à accepter.

 

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