Entretien avec le membre du WSSCC Asad Umar

Date: 9th March 2020

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Par Raza Naqvi

Asad Umar a commencé sa carrière il y a vingt ans, en décrochant un doctorat en hydrogéologie auprès de la prestigieuse université musulmane d’Aligarh en Inde. Quand un puissant séisme a frappé la ville de Bhuj dans l’État du Gujarat en 2001, Asad Umar a travaillé sans relâche pour garantir un accès à l’eau aux victimes. C’est à ce moment-là qu’il s’est promis de toujours honorer voire dépasser ses fonctions et de n’occuper que des postes qui lui permettraient d’aider les populations.

C’est ainsi également qu’Asad Umar a commencé à travailler dans le domaine de l’eau et de l’assainissement, puis intégré plusieurs organisations nationales et internationales reconnues, et collaboré avec des ministères nationaux, des organisations non gouvernementales et des instituts de recherche dans le cadre de vastes programmes liés au secteur WASH (eau, assainissement et hygiène) et à la santé.

Aujourd’hui, Asad Umar travaille comme chargé principal de programme auprès de la Fondation Aga Khan, dont il dirige le portefeuille WASH. Il est membre du WSSCC et du Rural Water Supply Network. Asad Umar perçoit aussi une bourse internationale de recherche sur la gouvernance des eaux souterraines en Asie. Il a publié 17 articles dans des revues nationales et internationales sur la gestion des eaux souterraines, la sécurité de l’eau potable et les approches inclusives concernant les services d’assainissement amélioré et leur accessibilité.

Le WSSCC a voulu rencontrer cet hydrogéologiste très actif afin d’en savoir plus sur lui, sur ses projets et sur ses perspectives concernant l’assainissement et l’hygiène.

WSSCC : Vous avez participé à des programmes de premier plan, comme le programme rural d’approvisionnement en eau et d’assainissement de l’État du Maharashtra qui est soute
nu par la Banque mondiale et la banque de développement allemande. Pourquoi avoir choisi de travailler dans ce domaine ?

Asad Umar : En fait, après avoir obtenu mon doctorat en hydrogéologie, j’ai eu l’occasion de travailler dans certaines des zones les plus difficiles de l’Inde. Mon travail consistait à identifier les sources d’eau souterraine qui pouvaient servir de façon sûre et durable pour l’approvisionnement en eau potable ou destinée aux usages domestiques.

C’était un travail gratifiant, car je constatais les retombées directes de mes efforts dans les communautés marginalisées. Compte tenu de la diversité socioéconomique et géographique du pays, le secteur WASH reste propice à l’apprentissage et à la mise à l’essai de nouvelles approches et technologies visant à améliorer l’accès aux installations sanitaires. Il est aussi toujours très satisfaisant de voir des communautés se prendre en main après un renforcement des capacités. C’est pour toutes ces raisons que je travaille dans ce secteur.

WSSCC : D’après vous, pourquoi le secteur WASH est-il si important ?

Asad Umar : Les problèmes d’accès à l’eau et à l’assainissement et les mauvaises pratiques d’hygiène peuvent avoir des conséquences néfastes pour la santé, l’éducation, la productivité et la situation économique des ménages. C’est ainsi que des familles tombent dans la pauvreté. Autrement dit, l’assainissement et l’hygiène ont un effet multiplicateur puissant qui génère des effets positifs mesurables pour la santé, la nutrition, l’éducation, l’élimination de la pauvreté, la croissance économique et le tourisme. Ce sont aussi des facteurs de réduction de la discrimination et d’autonomisation des communautés.

D’après une étude de l’OMS, la pleine couverture sanitaire universelle de l’Inde permettrait d’éviter jusqu’à 300 000 décès annuels actuellement causés par les maladies diarrhéiques et la malnutrition protéino-énergétique. C’est précisément pour cela que l’assainissement et l’hygiène jouent un rôle si important en Inde.

WSSCC : Vous faites aussi partie des membres du WSSCC. Pouvez-vous nous expliquer ce que le WSSCC signifie pour vous ?

Asad Umar : En tant que membre du WSSCC, j’ai pu découvrir des approches innovantes telles que l’apprentissage à l’action rapide. Cette méthode nous aide à analyser nos progrès et à obtenir des résultats rapidement. Le WSSCC assure la coordination sectorielle à l’échelle nationale, régionale et internationale, ce qui nous permet d’échanger avec les principaux acteurs du secteur.

Le WSSCC sert également de tribune aux groupes marginalisés de la société, et accomplit un travail approfondi sur des questions essentielles telles que la gestion de l’hygiène menstruelle et l’assainissement.

WSSCC : Que pensez-vous de la situation de l’assainissement en Inde ?

Asad Umar : Depuis le lancement de la mission Swachh Bharat, le pays a accompli des progrès inédits dans le domaine de l’assainissement. Hélas, des problèmes persistent tels que la faible utilisation des toilettes, les défauts de construction et la pénurie d’eau pendant l’été. Je pense néanmoins que les priorités politiques et l’engagement financier de la mission Swachh Bharat ainsi que l’ambitieux programme d’approvisionnement en eau des zones rurales, qui porte le nom de mission Jal Jeevan, aideront à améliorer et à renforcer l’accès aux installations WASH.

L’Inde fait preuve d’une vraie volonté politique. Le pays est déterminé à poursuivre ses efforts par le biais de la mission Jal Jeevan et de la mission ODF Plus, qui ont toutes deux bénéficié d’importantes allocations budgétaires.

WSSCC : Que peut faire le gouvernement pour améliorer les installations d’assainissement et d’hygiène ?

Asad Umar : L’engagement financier déployé par le gouvernement en faveur de la pérennisation des statuts FDAL et des activités ODF Plus dans le budget 2020 de l’Union indienne est encourageant. Le gouvernement doit toutefois s’assurer de préserver les avancées de la première phase de la mission Swacch Bharat et veiller à garantir un accès sanitaire aux populations laissées-pour-compte. La gestion des boues fécales en zone rurale doit aussi faire l’objet d’une attention particulière.

WSSCC : Considérez-vous que les campagnes de sensibilisation soient efficaces ?

Asad Umar : La compréhension des comportements est essentielle pour sensibiliser le grand public et motiver les changements. Des campagnes massives et bien préparées doivent être menées systématiquement, et suivies d’activités de communication interpersonnelle animées par des volontaires locaux dévoués et qualifiés.

Cela me fait penser au concept de « social proofing » dont il est question dans l’article « Swachh Bharat shows how to nudge the right way » écrit par Bibek Debroy, un membre de NITI Aayog, le groupe de réflexion politique du gouvernement. Le concept de la preuve sociale veut que la mise en lumière des comportements génère une pression sociale en faveur du comportement souhaité. En décrivant largement la défécation à l’air libre comme un comportement socialement inacceptable, la mission Swachh Bharat peut exercer une pression sociale qui poussera de plus en plus de ménages à construire des toilettes.

WSSCC : Quels sont les projets de la Fondation Aga Khan ?

Asad Umar : Notre principale priorité consiste à aligner le programme de la Fondation sur les priorités nationales des missions ODF Plus et Jal Jeevan. Nous continuerons de chercher à établir un accès à l’assainissement pour les groupes les plus vulnérables et marginalisés dans les communautés rurales. Nous prévoyons aussi de créer un cadre global de sécurité de l’eau pour veiller à ce que les accès en eau soient sûrs, pérennes et adaptés.

 

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