Le coronavirus, une crise de l’hygiène

Date: 19th March 2020

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La réponse des gouvernements nationaux face au coronavirus est sans précédent. Outre les fermetures d’écoles et l’interdiction des grands rassemblements, les frontières se ferment, les vols sont annulés et de nombreuses populations sont confinées dans un effort collectif de maîtrise de la propagation virale. Nous sommes tous affectés par cette situation critique en matière de santé publique. Il nous est demandé de protéger nos familles, nos voisins et nous-mêmes. Des restrictions draconiennes sont imposées à des millions de personnes, restreignant notre liberté de mouvement et nos contacts sociaux. La plupart de ceux qui contracteront le virus présenteront des symptômes légers, mais les personnes plus vulnérables, notamment les personnes âgées et celles qui souffrent déjà d’un problème de santé, risquent de tomber gravement malades, et certaines mourront.

Or, aucun vaccin n’existe contre le Covid-19. Pour rompre les chaînes de transmission, les particuliers sont invités à réfléchir à ce qu’ils peuvent faire dans leur vie quotidienne pour se protéger eux-mêmes. Pour les personnes seules et les familles, cela commence tout simplement par une bonne hygiène.

La transmission interpersonnelle d’un virus comme le Covid-19 ne peut être interrompue qu’à condition que nous mettions en pratique ce que nous préconisons. Se laver les mains avec du savon pendant 20 secondes au moins, après être allé aux toilettes, avant de manger et après s’être mouché, avoir toussé ou éternué. Ces gestes sont le meilleur vaccin « maison » disponible à l’heure actuelle.

Mais que se passera-t-il lorsque l’urgence de maîtriser et d’enrayer les effets du Covid-19, ou d’ailleurs du choléra, de la poliomyélite, de la rougeole et d’Ebola, concernera des populations qui ne sont pas en mesure d’y faire face ? Les experts craignent que la « distanciation sociale » ne soit difficile à faire respecter dans les villes surpeuplées et les bidonvilles où le nombre de personnes atteintes du VIH, de la tuberculose ou d’autres maladies infectieuses atteint des proportions démesurées.

D’après le Rapport de suivi établi conjointement par l’OMS et l’UNICEF, il est consternant de constater qu’en 2017, quelque 3 milliards de personnes ne disposaient pas d’une installation élémentaire dans leur maison pour se laver les mains. Près des trois quarts de la population des pays les moins développés n’ont pas la possibilité de se laver les mains avec de l’eau et du savon. Et en 2016, près de 900 millions d’enfants dans le monde fréquentent des écoles qui ne sont pas équipées d’un service d’hygiène de base. De même, un établissement de santé sur six dans le monde ne dispose pas de service d’hygiène, ce qui signifie que le personnel est dans l’impossibilité de se nettoyer les mains avant de s’occuper d’un patient.

Une grande partie de ces 3 milliards de personnes vivent en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne, deux régions dont les populations représentent 85 % des personnes les plus pauvres au monde, où les systèmes de santé sont les plus fragiles et manquent de financement (et souvent aussi de personnel qualifié) pour fournir des soins adéquats. Le mois dernier, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré que sa « plus grande préoccupation » était que le Covid-19 parvienne à se propager dans les pays dotés de systèmes de santé faibles.

Pire encore : la plupart de ces 3 milliards de personnes affrontent des situations qui les rendent extrêmement vulnérables : les handicapés, les personnes âgées, les femmes et les filles, les personnes déplacées, les populations autochtones et ceux qui vivent dans les zones rurales les plus reculées. Dans le sillage de l’épidémie actuelle, Bill Gates se propose également de soutenir ces régions afin qu’elles puissent y faire face. Le soutien apporté constituera une mesure préventive de première importance pour cette crise sanitaire et celles à venir.

La London School of Hygiene and Tropical Medicine (École d’hygiène et de médecine tropicale de Londres) accumule depuis 1995 des preuves de l’efficacité du lavage des mains avec du savon contre les maladies diarrhéiques, à partir desquelles des entreprises du secteur privé ont mené avec succès des campagnes visant à inculquer des habitudes d’hygiène personnelles et durables.

Pourtant, les gouvernements et la communauté internationale n’ont pas privilégié les financements adéquats et suffisants pour satisfaire à la cible 2 de l’Objectif 6 de développement durable : accès de tous, dans des conditions équitables, à des services d’assainissement et d’hygiène adéquats. C’est un échec qui, associé à la menace d’une pandémie sanitaire mondiale, est un scandale.

D’après le dernier rapport Analyse et Évaluation mondiales sur l’Assainissement et l’eau potable rédigé par ONU-Eau et l’OMS (GLAAS), de nombreux pays notamment en Afrique et en Asie ont évalué les coûts nécessaires à la mise en œuvre de leurs plans nationaux pour l’approvisionnement en eau, l’assainissement et l’hygiène. Seuls 15 % d’entre eux ont déclaré disposer de ressources financières suffisantes pour mettre en place ces plans.

Si l’on en croit la tendance actuelle, l’accès universel à des conditions sanitaires élémentaires ne sera atteint qu’en 2043. La cible de l’ODD qui concerne un assainissement géré en toute sécurité ne sera concrétisée qu’au 22e siècle. Les cibles concernant l’hygiène et la normalisation des comportements associés pourraient nécessiter encore plus de temps avant d’être atteintes.

Que faut-il faire pour y parvenir ? Définition des priorités et leaderships nationaux, budgets et volonté soutenue de fixer et de concrétiser des objectifs inclusifs, non seulement pour les épidémies actuelles, mais aussi pour des progrès durables. Il est urgent de garantir à l’échelle internationale un mécanisme spécifique, un Fonds, qui assurera aux gouvernements un financement catalytique pour lutter et diminuer les inégalités en matière d’assainissement et de maladies dues au manque d’hygiène.

Sachant qu’une mesure prise dans un domaine d’ODD aura des répercussions sur les autres, le fonds consacré à l’assainissement et à l’hygiène devra s’accompagner d’un véritable effort pour renforcer les investissements destinés à la santé et à l’éducation mondiales. Compte tenu de l’ampleur et de la complexité des ODD, cela exige également de porter une attention particulière à la gouvernance pour permettre une harmonisation des politiques et de leur mise en œuvre.

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