Megha explique au WSSCC ses motivations, ses accomplissements et ses espoirs pour l’avenir.

Story

Megha Phansalkar est planificatrice régionale pour les zones urbaines et entrepreneure sociale, basée à Mumbai, en Inde. Elle est membre du WSSCC depuis 2013. Représentante de l’Asie du Sud au Comité de direction du WSSCC, elle travaille en étroite collaboration avec la Banque mondiale et le gouvernement de l’Inde.

Ici, Megha explique au WSSCC ses motivations, ses accomplissements et ses espoirs pour l’avenir.

Megha portrait

En deux mots, que faites-vous ?

Depuis 2003, je travaille à l’assainissement mené par la communauté avec le gouvernement de l’Inde, la Banque mondiale et diverses agences nationales et internationales.

Ces derniers temps, je me suis concentrée sur les liens entre le secteur WASH, la santé et les moyens d’existence, en particulier dans les milieux urbains et les bidonvilles.

Qu’est-ce qui vous motive à votre réveil le matin ?

La passion et la compassion. La passion pour l’importance de ce secteur et la compassion pour les populations défavorisées.

Lorsque j’ai débuté dans ce secteur, près de 70 % du pays pratiquaient la défécation à l’air libre. Aujourd’hui, nous avons mis fin à 100 % à la défécation à l’air libre (FDAL). Le chemin parcouru est immense.

Je sais l’importance de ce travail pour les moyens d’existence et la santé des populations. Nous devons continuer à progresser dans le domaine de l’assainissement et de l’eau, au risque de voir tout notre travail réduit à néant. Par exemple, faute d’eau, les populations retombent dans la pratique de la défécation à l’air libre, car les toilettes arrêtent de fonctionner correctement. Tant de femmes souffrent encore de problèmes de santé dus au manque de connaissances et d’installations pour bien gérer leur hygiène menstruelle.

Lorsque vous jetterez un regard en arrière sur votre carrière, de quoi serez-vous la plus fière dans votre travail dans le domaine de l’assainissement et de l’hygiène ?

Je serais fière d’avoir joué un rôle pour aider mon pays à obtenir le statut FDAL et d’avoir pu partager des apprentissages avec des collègues d’autres pays. 

Nous avons également pu créer, je crois, une bien meilleure connaissance des impacts de WASH sur la santé dans le domaine de la gestion de l’hygiène menstruelle (GHM). La création d’une vision holistique des bienfaits de WASH signifie que nous pouvons adopter une approche intégrée de WASH.

Quels ont été les trois plus grands impacts de la Covid-19 sur votre travail ?

  1. L’assainissement est devenu le principal coupable de la propagation de la Covid-19. Ma ville natale de Mumbai a enregistré le nombre le plus élevé de cas de Covid en Inde. Avec 60 % de la population urbaine vivant dans des bidonvilles et l’obligation pour la population de partager un nombre limité de toilettes, le virus s’est propagé rapidement. Les toilettes communautaires sont devenues des lieux de propagation de la maladie.
  2. L’impact sur les moyens d’existence a été énorme. Le confinement a signifié pour beaucoup de personnes la perte de leur travail. Cela a entraîné un véritable exode. Des personnes ont marché des jours et des jours pour fuir vers les régions rurales où elles pouvaient trouver un emploi et de la nourriture ou juste se sentir plus en sécurité. Nous n’avons pas pu nous rendre dans les bidonvilles afin d’améliorer la situation de l’assainissement.
  3. Il est devenu difficile d’atteindre la communauté. Les interactions en face à face étaient fréquentes et, soudain, tout le monde s’est retrouvé confiné chez soi. Les relations communautaires se sont totalement arrêtées. Les « combattants du Corona » qui livraient les provisions d’urgence étaient les seules personnes autorisées à se déplacer.

Cela a toutefois eu un impact positif. Avant la Covid, pendant des années, nous avons communiqué sur l’hygiène, mais le message n’était pas pris au sérieux. La Covid a ancré les pratiques du lavage des mains et la population est désormais bien plus sensibilisée.

Quels sont les trois principaux avantages de l’adhésion au WSSCC ?

  1. Réseauter avec d’autres membres. 
  2. Découvrir le travail mené dans d’autres pays. 
  3. Devenir membre du Comité de direction et étendre mon champ d’action. 

Donnez-nous un exemple révélateur du travail mené avec le WSSCC et d’autres membres du WSSCC dans votre pays

Une séance a eu lieu à Rishikesh sur l’inclusion. L’un des principaux thèmes abordés était l’intégration de la communauté LGBT aux pratiques générales de l’assainissement. Les faits partagés étaient si choquants, par exemple que les personnes non binaires ne peuvent utiliser ni les toilettes des femmes ni celles des hommes. Comment penser que des personnes peuvent vivre un tel cauchemar juste pour aller aux toilettes dans des lieux publics ? Des problèmes similaires se posent dans les communautés de fouilleurs de poubelles.

Nous apprenons tant les uns des autres. Nous avons rédigé un rapport sur les questions d’inclusion qui est devenu partie intégrante de l’élaboration des politiques nationales.

L’Unité d’appui du WSSCC pour l’Inde accomplit un travail remarquable. Nous avons épaulé le Gouvernement avec la mission Swachh Bharat et introduit les questions de GHM, de santé et de moyens d’existence dans les discussions sur WASH.

Le lancement du Fonds pour l’assainissement et l’hygiène (SHF) est imminent. Dans les cinq prochaines années, quels effets positifs espérez-vous que le Fonds aura dans votre pays ?

La population de l’Inde est si nombreuse que la réalisation des objectifs mondiaux en matière d’assainissement passe par l’implication de l’Inde dans les initiatives clés.

Comme le pays a dorénavant le statut FDAL, nous ne serons pas éligibles à des subventions pour l’amélioration de la situation, mais nous nous réjouissons d’être un pays partenaire et de maintenir notre dynamique nationale et internationale à travers le partenariat avec le SHF.