Une chanson vient inspirer la gestion de l’hygiène menstruelle au Kenya

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« Je n’existerais pas sans la menstruation » – un chanteur local

Par: Kevin Mwanza

KIISI, au Kenya – Une chanson en l’honneur de la menstruation rompt le mur du silence autour de la menstruation au Kenya, où un grand nombre de filles continuent de manquer l’école lorsqu’elles ont leurs règles, des milliers d’autres n’ont pas les moyens financiers de s’acheter des produits sanitaires, et un pourcentage élevé de filles ne disposent pas d’informations adéquates sur leurs propres caractéristiques biologiques.

« Aujourd’hui, nous exposons au grand jour ce qui était un secret. Je n’existerais pas sans la menstruation », déclare Kamba Nane, l’un des musiciens locaux du pays, dans sa chanson qui inspire l’action dans le cadre de la gestion de l’hygiène menstruelle.

La chanson, interprétée lors de la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle de 2019 dans le comté kenyan de Kiisi, a amené des représentants du Programme d’amélioration de l’assainissement et de l’hygiène au Kenya (K-SHIP), le Coordinateur national du WSSCC au Kenya, et ceux d’AMREF Health Africa à exécuter une danse harmonieuse.

L’artiste a joué de l’instrument Obokano, donnant le ton pour les principaux intervenants et les appels à l’action des décideurs, des législateurs et des membres de la communauté, dont la plupart ont compris qu’il était urgent de promouvoir une santé et une hygiène menstruelles de qualité pour toutes les femmes et les filles dans les écoles.

Selon une étude de la Banque mondiale, les tabous liés à la menstruation, exacerbés par une culture du silence généralisée autour du sujet dans de nombreuses sociétés du monde entier, entravent la capacité des femmes et des filles à participer pleinement et équitablement à la société, ce qui limite leur statut social dans son ensemble et leur estime de soi.

De plus en plus d’éléments factuels indiquent que l’incapacité des filles à contrôler leur hygiène menstruelle dans les écoles contribue à l’absentéisme scolaire, ce qui a pour conséquence l’imposition effective de coûts économiques élevés dans leur vie et pour leur pays, selon le rapport 2018 de la Banque mondiale.

Le directeur sanitaire du comté de Gishu, le Dr Reuben Korir, a souligné qu’il était capital de promouvoir un dialogue ouvert sur la menstruation, et il a constaté que « l’encouragement des filles à émettre des objections logiques face aux traditions et mythes ancestraux » était essentiel. Il a fait valoir la nécessité de renforcer la participation des garçons et des hommes aux dialogues sur la santé et l’hygiène menstruelles.

« Les jeunes hommes et les garçons doivent être sensibilisés afin d’être encouragés, dans leur vie, à offrir une aide socio-culturelle aux filles », a expliqué le Dr Korrir.

Une émission radiophonique a été organisée dans le comté de Narouk pour sensibiliser le public à la santé et l’hygiène menstruelles. Secondé par un représentant du ministère de l’Éducation, Daniel Sironka, un fonctionnaire chargé de la nutrition dans le comté a appelé à une amélioration de la disponibilité et de l’accessibilité des serviettes hygiéniques.

Teresia Kagendo, l’une des formatrices sur l’hygiène menstruelle, est apparue sur une chaîne de télévision locale dans le comté d’Embu, déclarant que la sécurité, l’hygiène et la dignité menstruelles doivent être préservées.

Le point d’orgue des célébrations en l’honneur de l’hygiène menstruelle au Kenya a été la distribution de produits médicaux et de serviettes hygiéniques. Dans l’école primaire de Noonkopir du comté de Kajiado, l’Association des Premières dames du comté (County First Ladies Association – CFLA) a lancé et promu une première « trousse d’hygiène » destinée aux femmes.

Dans le cadre de la campagne, les garçons ont eux aussi reçu leurs propres trousses d’hygiène, contenant des boxers et du savon, pour les aider à améliorer leur hygiène et, dans le comté de Migori, les organisateurs ont donné à la Première dame du comté la possibilité de s’adresser aux malentendants de l’école de Kuja.

La Journée mondiale de l’hygiène menstruelle est une journée de sensibilisation marquée le 28 mai de chaque année, dont l’objectif est de contribuer à rompre le silence et à sensibiliser le public sur le rôle fondamental que joue la gestion de l’hygiène menstruelle pour aider les femmes et les filles à réaliser leur plein potentiel.

Partout au Kenya, des politiciens, des activistes de la société civile et des militants dans le secteur de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène (WASH) intensifient leurs efforts en vue d’informer le public sur les raisons pour lesquelles il est important de promouvoir la gestion des déchets de produits d’hygiène menstruelle, notamment dans les écoles, où les enseignants ont la possibilité de préparer les filles à leur première menstruation.